Le Mercedes-Benz Museum permet d'être visité selon différents objectifs : une partie s'attache à lier l'apparition de la voiture avec le contexte économique et social, des exemplaires de voitures décrivent l'évolution de la ligne de la marque, du début à nos jours, mais on peut aussi se satisfaire du contenu technologique de ce musée et suivre pas à pas l'histoire de la voiture, du premier moteur à l'optimisation des systèmes de refroidissement. En effet on peut observer une incroyable évolution de la motorisation et de tous les systèmes qui en découlent. La marque commence son activité dans les années 1880-1890 avec les premiers moteurs à essence de tailles raisonnables (moins de 100 kg) pour équiper tous types de véhicules : calèches, bateaux, montgolfières et même bicyclettes (d'où le logo de la marque qui symbolise les trois voies de transport : air, mer et terre). Le " Grandfather Clock Engine ", nommé ainsi pour sa forme rappelant une horloge ancienne est resté célèbre pour être le premier moteur à essence. Ces moteurs pionniers ont des vitesses de rotation relativement faibles : de 400 à 640 tr/mn, pour des vitesses très faibles : 16 km/h pour la " Benz Patent Motor Car " sortie en 1885.
Ce premier véhicule que l’on peut considérer comme une voiture motorisé a un fonctionnement à priori simple mais est en fait une prouesse technologique pour l'époque. Il est propulsé par un monocylindre générant une puissance de sortie de 0.5 ch à 600 tr/mn. La transmission s'effectue au moyen de roues dentées métalliques et les roues de ce tricycle à moteur sont en bois. La conception étant purement artisanale, on donc peut s’imaginer que l’automobile était loin d’être un luxe accessible à tous. Une tige métallique verticale fais alors office de volant, attribuant à ce véhicule un système de direction encore peu confortable pour le conducteur. C'est en 1892 que la première voiture à quatre roues fait son apparition, propulsée encore par un monocylindre. Sa puissance de sortie est quant à elle de 1.1 ch avec 650 tr/min Cette " Daimler Motorized Carriage " avait déjà l'allure d'une voiture moderne disposant d'un modèle de direction plus complexe, d'un accélérateur et pour la première fois il était possible de réguler manuellement l'arrivée d'essence au moteur par le biais d'un starter. Néanmoins une transmission lourde et difficile de conception perdure.
Dès lors les progrès s'enchaînent, la direction se complexifie notamment avec l'arrivée du différentiel qui permet de fixer la vitesse moyenne des roues motrices tout en permettant à l’une d’aller moins vite que l’autre pour les virages. Les roue de bois laisse peu à peu place à la gomme(1902). Néanmoins c'est avec l'arrivée de l'accumulateur puis de l'alternateur que les le développement des moteurs modernes va réellement commencer, dans une optique de vitesse et de rendement : c'est en 1899 que le premier accumulateur moderne fit son apparition en Suède avec l'invention de la batterie au nickel-cadmium.
A partir de 1912 les moteurs 4 cylindres se généralisent. Ensuite suivent un Delco, un rupteur et une bobine d'inductance plus évoluée, éléments indispensables synchronisation des explosions. Puis l'évolution des moteurs est régulière, 6 cylindres puis 8, monté en V ou bien comme Porsche en booster.
Il est également intéressant d'observer le système de refroidissement du moteur. Sauf de très rares exceptions, il fonctionne à l'eau : celle-ci est chauffée en passant dans le moteur puis est refroidie à chaque fin de cycle lorsqu'elle passe devant l'arrivée d'air frontale (radiateur). Le refroidissement est un élément complexe qui influe beaucoup sur les capacités d’un moteur et à sans cesse évolué au fil du temps : les premiers moteurs ne pouvaient pas fournir beaucoup de puissance car la chaleur produite induisaient un risque. En effet il n’était pas rare qu’un pilote de course casse son moteur sur la piste.